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Farida – Le maqâm de Bagdad

Concert | Farida – Le maqâm de Bagdad
Dans le cadre des Arabofolies, festival musical, des arts et des idées

Farida Mohammed Ali est originaire de Kerbala, dans le sud de l’Irak. Avec son ensemble de maqâm irakien, le Tchâlghî baghdâdi, elle exprime dans son chant le raffinement des anciennes cours aussi bien qu’un riche répertoire populaire.

Farida Muhammad Ali et l’art du maqâm irakien

Le terme de maqâm se réfère dans le monde arabe à un mode musical habité par une humeur ou un sentiment particulier. En Irak, dans la tradition classique, il définit à lui seul le chant qui, de manière magistrale, à travers ses cinquante-trois modes, décline une très large palette d’émotions.

Le Tchâlghî baghdâdi se caractérise notamment par l’utilisation du santûr, cithare à cordes frappées, similaire à celle de la tradition persane, et de la djôza, vièle à 4 cordes. Ces deux instruments d’une très grande délicatesse acoustique donnent à la musique irakienne un indéfinissable parfum d’Orient lointain et de senteur d’Asie.

La voix du chanteur ou de la chanteuse brode ses mots anciens ou contemporains, classiques ou populaires. Après un bref prélude instrumental muqadimma, l’art du chanteur ou récitant qârî consiste à déclamer quelques riches vers poétiques issus de la grande tradition de la qasida à l’origine de la poésie arabe et dont encore récemment certains poètes aimaient encore à y forger leur inspiration.

Avec tout son savoir-faire, le chanteur distille quelques sentences poétiques plus populaires, mawwaâl baghdadi (ou zheiri), avant de conclure dans une envolée rythmée et inspirée d’un répertoire traditionnel plus régional. Cette ponctuation finale fait la transition entre l’aspect inspiré et l’aspect festif du maqâm irakien. Le mawwaâl, l’introduction libre et poétique de tout chant arabe classique où les mots peuvent prendre leur véritable dimension, se compose de sept vers inséparables. Il puise son origine mythique précisément dans la tradition irakienne.

Encore très vivant et enraciné chez la majorité des citadins dans les années soixante et soixante-dix, l’art des maqâms irakiens se maintient difficilement aujourd’hui, avec la disparition d’une génération de grands interprètes, dans une période de bouleversements politiques, économiques et sociaux.

Si Farida Mohammed Ali a pu s’insérer dans cette grande tradition, c’est en autre grâce à son origine. En effet, elle est née à Kerbala, ville mythique du chiisme, là où la tradition du chant féminin était admise comme elle l’explique elle-même : « Les sociétés arabes n’ont pas donné aux femmes, comme on le sait, la chance de se représenter sur scène, de s’émanciper et ainsi de participer à la transmission de cet héritage musical. Au sein de cette société dominée par les hommes, grâce à des parents très tolérants et ouverts, j’ai vécu dans un environnement favorable à l’émancipation de la femme. De grands maîtres tels que Munir Bashir, Hussein El Hazami ou mon mari Mohamed Gomar m’ont également beaucoup encouragée. La musique est ma vie : elle est aussi importante pour moi que la boisson ou la nourriture. Il faut savoir que le maqâm est aussi lié au soufisme car il aborde quantité de sujets religieux. D’habitude, d’ailleurs, on ne parle pas de chanteur de maqâm, mais plutôt de récitant. Réciter des maqamat donne réellement le sentiment d’être en harmonie avec l’esprit. »

(Propos recueillis par François Bensignor pour Mondomix)

 

Plus d’infos

Le samedi 11 décembre 2021
de 20h à 21h

Adresse
L’Institut du Monde Arabe
1 rue des Fossés-Saint-Bernard
75005 Paris

Transport : 7, 10 : Jussieu (391m)
7 : Sully – Morland (411m)

Contact
https://www.imarabe.org/fr

Credit : DR

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